Choisir la typographie d'une marque
La typographie porte plus de la personnalité d'une marque que le logo, parce qu'elle est partout. C'est aussi le choix où l'on se trompe le plus souvent, pour des raisons techniques.
Elle travaille plus que le logo
Le logo apparaît une fois par support. La typographie occupe le reste. Sur un site, un emballage ou un document, c'est elle qui compose l'essentiel de ce que voit l'œil — et donc l'essentiel de l'impression laissée.
Le nombre de graisses avant le dessin
Une famille qui n'a qu'un seul poids condamne à des mises en page plates : impossible d'établir une hiérarchie sans changer de police ou bricoler des tailles.
Cherchez une famille avec au minimum trois graisses utilisables, idéalement avec ses italiques. C'est ce qui permet de construire titres, intertitres, texte courant et mentions avec une seule police — la façon la plus simple d'avoir l'air cohérent.
Tester en conditions réelles
Une police jugée sur un mot en gros corps ne dit rien de son comportement en paragraphe de 9 points. Beaucoup de polices d'affichage magnifiques deviennent illisibles en petit.
Composez un vrai texte, à la taille réelle d'usage, avec vos vrais mots — pas un faux-texte latin. Les accents, les majuscules accentuées, les chiffres et les caractères propres au français révèlent des lacunes qu'un mot d'essai ne montre pas.
Le français exige des accents complets
Beaucoup de polices distribuées gratuitement gèrent mal les majuscules accentuées, les ligatures ou la cédille. Vérifiez : É, À, Ç, Œ, les guillemets français. Une identité québécoise avec des accents manquants se remarque tout de suite.
Les licences, à vérifier avant de s'attacher
Une police est un logiciel sous licence. Les usages se facturent souvent séparément :
- Bureautique : pour composer des documents.
- Web : souvent tarifée au trafic.
- Application et produit embarqué : licences distinctes.
Choisir une police avant de lire sa licence est le meilleur moyen de devoir tout reprendre après validation du client.
Combien de polices ?
Une suffit dans la majorité des cas, si elle a assez de graisses. Deux au maximum : une pour les titres, une pour le texte, avec un contraste net entre les deux.
Trois polices ou plus produisent presque toujours de l'incohérence, sauf système très maîtrisé.
Le contraste entre deux polices
Si vous en associez deux, elles doivent être franchement différentes. Deux sans-serif proches donnent l'impression d'une erreur plutôt que d'un choix.
Les associations qui fonctionnent reposent sur un écart clair : une police de caractère marqué pour les titres, une police neutre et endurante pour le texte.
La disponibilité compte
Votre client devra composer ses propres documents. Si la police n'est installable nulle part dans son organisation, elle sera remplacée par un substitut, et le système s'effondre.
Prévoyez toujours une police de repli documentée pour les usages internes : c'est moins élégant, mais c'est ce qui fait tenir l'identité au quotidien.
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